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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 19:35

Mon tout premier post sur un forum de jardinage? Oh oui, je m'en souviens! C'était en Juillet 2002, et je venais de m'inscrire, sous le pseudonyme de Zephirine_Lyon...

J'avais demandé des conseils au sujet d'un Itea ilicifolia que je venais d'acheter...et j'ai employé un mot ...Houlàlàlàlà....défendu! (cf.  la célèbre malédiction des 3 T : Tourbe Taupe et Thuya!)...Démarrage en fanfare donc!
En voici un extrait:

RE: Itea Ilicifolia (et une jardinière de plus).....
• Message envoyé par: zephirine_lyon (My Page) le 30/07/02 - 5:14

Merci à tous pour ce chaleureux accueil !
OL. : J'ai trouvé mon itea - pas facilement, mais avec internet...-chez Esveld (hollande). Les 2 plants (j'ai contaminé une voisine !) sont arrivés en assez mauvais état (plusieurs branches cassées, motte sortie du pot et en miettes...), mais avec beaucoup d'amour et de compost, ils sont bien repartis tous les deux.
J'ai planté le mien à l'ombre, et avec pas mal de tourbe (il voisine avec des camélias), ça n'a pas l'air de trop mal lui réussir. Il est à mi-ombre chez mon amie, nous verrons qui aura le plus beau !!!!
Je vous tiendrai au courant !
Merci encore. A plus !
....
RE: Itea Ilicifolia (et une jardinière de plus).....
• Message envoyé par: OL._N.F. 7 (My Page) le 30/07/02 - 6:33

Zephirine, tu m'as l'air d'être une grande adepte de la tourbe, je ne sais pas si on va être très copains... :-)
Je suis certain qu'on peut se passer de la tourbe et qu'elle inappropriée pour la plupart des plantes. Le seul motif "valable" pour l'utiliser serait lors de la plantation de plantes de tourbières.
OL..
.........
RE: Itea Ilicifolia (et une jardinière de plus).....
• Message envoyé par: zephirine_lyon (My Page) le 30/07/02 - 7:24

Oh !!! OL. !!!! Pourquoi tant de haine ?????
Comme disait un petit nain (pas de jardin) : moi, j'aime pas les gens qu'aiment pas ça....na !!! C'est ça ?
La tourbe a ses avantages, surtout quand on a une terre lourde comme c'est le cas dans ma région !!! Jamais toute seule, bien sûr, mais comme amendement, je t'assure que son usage m'a permis de bien arranger les choses pour les plantes un peu acidophiles !!!
Et puis, qu'est-ce que ça a à voir avec le copinage ??? Ma meilleure amie déteste le concombre, pas moi...et alors????
Bon, ceci dit, c'est d'accord : je ne dirais plus "tourbe", mais "substance censurée par OL."... Qu'on se le dise pour mes prochains messages !!!!
Tolérance ! Tolérance ! Il a dit que ma maison était une maison de tolérance !!!! (Raimu - Marius, Fanny ou César, je ne sais plus bien). Tu sais ce qu'elle te dit, la Tourbe Française ????
Gros bisous bien argileux.....
.........
RE: Itea Ilicifolia (et une jardinière de plus).....
• Message envoyé par: OL._N.F. 7 (My Page) le 30/07/02 - 7:57

Aucune haine sur ce forum Zephirine, rien que de l'amitié, mais ça n'empêche pas de dire ce qu'on pense et de défendre ses... principes disons.
Pour ce qui est de la terre lourde, je ne suis pas épargné : terre à betteraves (jaune : boue en hiver, béton en été), glaise (jaune ou bleu-gris selon les endroits) impossible à émietter, pesant une tonne, gorgée d'eau 365 jours par an ; pâte à modeler aussi : une espèce de substance qui sent la vase, l'égout ; puis argile de chez argile, sur-compactée, dans laquelle il est illusoire d'essayer enfoncer une bêche - là, marteau-piqueur de rigueur (sérieux).
Quand bien même la tourbe aurait une utilité (et ça reste à prouver sur le long terme, l'argile "digérant" très vite la tourbe), elle est définitivement mieux dans les tourbières. Ou alors, fais ta propre tourbière ! Bon, d'accord, une vie n'y suffit probablement pas, mais ça n'empêche pas de commencer :-)
Je suis contre l'usage de la tourbe car le pillage est sans fin, qu'on est en train de bousiller des milieux naturels ainsi que la flore et la faune qui en dépendent. Je peste aussi contre toutes ces plantes cultivées dans de la tourbe pure et qu'il faut acclimater à l'argile.
Bien sûr, bien sûr, ce ne sont pas 2 ou 3 balles par an qui vont changer quelque chose, donc pourquoi ne pas acheter 2 ou 3 balles par an ? En comparaison de ce que consomme l'industrie horticole, ce n'est qu'une goutte d'eau, mais ça n'empêche. J'ai meilleure conscience en me passant de tourbe.
Et les alternatives sont nombreuses dont le terreau de feuilles. Je sais, c'est ma croisade, je radote, mais ne brûlez plus vos feuilles en automne ! Ça vaut toute la tourbe du monde.
Je parlais de terreau forestier. En fait, ce sont des brindilles, des feuilles, du bois mort que j'ai récoltés dans un sous-bois (privé, et que les propriétaires s'apprétaient à brûler - hérésie !) l'automne dernier. Je pensais que ça mettrait au moins 2 ans à se décomposer mais, 6 mois après et sans broyage, je vois déjà du terreau bien soir et des vers par centaines. De l'or. Tous les terreaux et la tourbe du commerce, ça ne vaut rien à-côté. Et c'est gratuit.
Crois-moi, quand on voit ce trésor, on a dix fois plus de satisfaction qu'en achetant une balle de tourbe. Et pour le sol... on en mangerait ! :-))
En toute amitié
OL..
.....
RE: Itea Ilicifolia (et une jardinière de plus).....
• Message envoyé par: zephirine_lyon (My Page) le 30/07/02 - 9:29

...N'ayez crainte, chers amis, je n'ai simplement pas pu résister au plaisir de taquiner OL. sur sa "tourbophobie" !!!!
Il a certainement raison au sujet des tourbières, et je n'avais nullement l'intention de lancer une controverse...
Il y avait de nombreuses tourbières autour de mon ancienne maison. Au fur et à mesure qu'elles ont été creusées, on les a remplacées par des lacs et des étangs, qui ont créé de superbes promenades à pied ou à vélo, et créé un abri pour de nombreuses variétés de canards et de poissons... cela me donnera peut être des circonstances atténuantes pour mon usage abusif de la "tourbe" jusqu'ici ? (c'est ma très grande faute, mais je ne savais pas....).
Zéphirine-la-taquine

 

Pour la petite histoire, je ne crois pas que la substance interdite ait constitué un frein à des liens d'amitié, n'est-ce pas C'est plutôt le contraire, finalement!!! non?;o)))
Alors...Vive la T... substance interdite!!!!!

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Zephirine - dans anciennes pages
1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 19:34

 

Schlouker : Origine : Mon amie Claire, l’Alsacienne.

« Tu prends un p’tit stück (prononcer « Chtuck »)…et schlouk ! »

Se dit de toute méthode de division ou de bouturage, plouf-direct dans la terre de préférence, destinée à partager une plante avec ses amis.

Par extension :un schlouk, je schlouke, le schloukage,
"Une serial-schloukeuse" (c’est moi !)  

 

Plumicher : Origine : mes enfants (il y a longtemps !)

Du verbe éplucher, d’où éplumicher (éplucher avec douceur),

puis « plumicher ».

Plumicher un pull-over, un phlox, un chat, etc…

Très doux, très délicat, très fun!

Excellent pour la santé, celle des plantes, des gens, des chats, etc...

 

Abouser (s’) : ah, çà, je ne l’ai pas inventé, c’est du parler stéphanois.

Introduit en Isère par mon amie Tchipette, s’y est naturalisé avec

bonheur.

Référence : la grâce et la délicatesse d’une éjection bovine arrière, atterrissant délicatement dans une prairie verdoyante. Le bruitage n’est pas nécessaire, par contre.

Le parfum non plus.
Seul l’aspect esthétique compte.

Abousator : surnom affectueux décerné à l’aster N.B ‘Eventide’.

Egalement employé pour certains chats légèrement enveloppés (façon Obelix), s’étalant langoureusement sur un carrelage chauffant, l’hiver.

           
Nidouiller : de « nid » et « douillet ». Introduction 2009.

Consiste à s’éviter tout risque de repiquage intempestif, en semant directement une graine dans un petit nid de terreau, douillettement installé dans un godet de vraie terre de jardin.

Un genre de bouchée-à-la-graine, en somme.
Synonyme: "Jouer à Niche-Godet"

Ne pas confondre avec « niquedouille », non mais, des fois ! 

 

Crouch-crouch : Origine : une chenille nommée Ploum, dans les années 70.

Matériel nécessaire : 8 ongles relativement courts, au bout d’un nombre équivalent de doigts mis en croche. Les pouces ne sont pas admis.

Consiste à gratouiller verticalement, de bas en haut, avec douceur mais fermeté, la zone du dos correspondant à l’attache du soutien-gorge, surtout chez les mâles.

                   On peut étendre le crouch-crouch aux épaules, et même à la

          nuque jusqu’aux premiers cheveux, mais cette fois, de haut en

          bas.

          Requiert une pratique régulière pour atteindre un bon niveau

          d’expertise.

Particulièrement conseillé aux jardiniers, qui disposent naturellement du matériel adéquat.

Les séances de crouch-crouch ne sont actuellement pas remboursées par la Sécurité Sociale, ce qui constitue un scandale éhonté (tout comme le chocolat et le foie gras, médicaments anti-stress pourtant notoirement reconnus, eux aussi, comme d’utilité publique).

Contre-indications : Généralement très bien supporté. Pas d’allergies connues, ni de risque de surdosage. A éviter au bureau.
Effets secondaires: quelques crises de fou-rire ont été signalées. Sans danger immédiat.


Amnésie dirigée: affection chronique des voies neuronales.

          Très courante,particulièrement chez les jardiniers amateurs.

          Symptôme: des phrases ou des parties de phrases (lues ou

          entendues), s'effacent automatiquement de la mémoire du sujet

          atteint.Une "erreur d'impression", en somme.

           Exemple: "Le Camelia, une plante de terrain acide à la floraison

          spectaculaire". Les mots en italique sont carrément occultés.


Labels zephiriniens :

CSS : Ca Se Schlouke!
CSB : Ca Se Bouture!
CSN : Ca Se Nidouille! 

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Zephirine - dans anciennes pages
1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 19:33

Dans mon jardin sans prétention,
J'ai mauvaise réputation.
Toutes mes plantes j’les coupe en trois
Je pass' pour une je-ne-sais-quoi!
Je ne fais pourtant de tort à personne
En dédoublant tout l’printemps et l’automne!
Mais les brav's gens n'aiment pas que
L'on coupe tout’les plantes en deux,
Non les brav's gens n'aiment pas que
L'on coupe tout’les plantes en deux,
Tout le monde se rit de moi,
Même sur les blogs, ils font que ça !

Le jour du Quatorze Juillet
Je déplace même les oeillets.
Un jardin qui ne bouge pas,
Cela ne me concerne pas.
Je ne fais pourtant de tort à personne,
En n’laissant pas mon jardin faire un somme!
Mais les brav's gens n'aiment pas que
L'on transplante plus souvent qu'eux,
Non les brav's gens n'aiment pas que
L'on transplante plus souvent qu'eux,
Tout le mond’ me montre du doigt
Et sur les blogs, ils sont narquois.

Quand on place une plante sous mes yeux,
C’est plus fort que moi, je la veux:
J'lance la patte et pourquoi le taire,
Une ’tite bouture s'retrouv' en terre!
Je ne fait pourtant de tort à personne,
Et puis mes boutures, en plus j’vous les donne!
Mais les brav's gens n'aiment pas que
L'on fasse des bébés sans eux,
Non les brav's gens n'aiment pas que
L'on fasse des bébés sans eux,
Tout le monde se moque de mes doigts,
Et sur les blogs, ils  font tous « pouah » !

Pas besoin d'être Jérémie,
Pour d'viner l'sort qui m'est promis,
La maison, est-ce si important,
Si je mettais des plantes dedans ?
Je ne fais pourtant de tort à personne,
En voulant doubler mon jardin en somme
!

Mais les brav's gens n'aiment pas que
L'on n’ait pas les mêmes idées qu’eux,
Non les brav's gens n'aiment pas que
L'on n’ait pas les mêmes idées qu'eux,
Tout le mond’ pense que j’suis foutue,
Sur tous les blogs, bien entendu !

 

 
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Zephirine - dans anciennes pages
1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 19:31

L'iris, la Dame et le rat

Il était une fois un bel et jeune Iris tout fier dans son beau costume bleu et blanc du dimanche...
Une dame qui passait par là, tomba amoureuse du beau jeune homme, et lui offrit son jardin pour qu'il s'y épanouisse tout à son aise...
Tout alla bien la première année...Maître Iris fleurissait, la dame était heureuse...

 
Mais un jour, un énorme rat des champs tout velu, qui passait par là, jaloux de leur bonheur, alla nuitamment attaquer le bel Iris sans défense, le mordant sauvagement jusqu'à le laisser pour mort, racines sectionnées, son beau petit ventre rond tout rongé et meurtri, ses pauvres feuilles pendant mollement vers le sol...


Le lendemain, la dame rendant visite à son ami, crut mourir de chagrin...elle ramassa le malheureux, lui installa un nid douillet dans un joli pot de terre, lui apporta son meilleur compost, le fit boire, juste ce qu'il faut pour ne pas augmenter ses souffrances...rien n'y fit...la gangrène s'y mit !
La dame, au désespoir, décida de tenter le tout pour le tout...elle aiguisa son grand scalpel, le désinfecta à l'alcool, et coupa les chairs malades avec une précision de chirurgien, pour conserver le plus possible de chair à son pauvre malade....

Il crut sa dernière heure venue...pendant un an, il fut entre la vie et la mort, dans son pot de douleur....puis, petit à petit, le miracle s'opéra...la plaie cicatrisa, un couple de jeunes feuilles sortit sur le côté le moins abîmé...la dame se reprit à espérer...


Entre temps, la dame décida de s'installer sous des cieux plus cléments...elle transporta donc avec précaution son ami dans sa nouvelle demeure, où il sut mettre à profit une autre année de convalescence en pot pour retrouver ses forces.

Quand elle jugea qu'il allait mieux et pouvait de nouveau retrouver le monde, la dame l'installa, par un beau soir d'été, dans une plate-bande surélevée, assez ensoleillée, mais bien drainée...et continua ses soins attentifs...


Alors pour la remercier, pour lui montrer combien il avait compris ce qu'il lui devait...le bel iris décida de faire à son amie un cadeau exceptionnel...
Il se souvint de cette histoire, que lui avait racontée son arrière-arrière grand père, autrefois...celle de ces trèfles, qui pour porter bonheur aux humains, leur faisaient parfois don de quatre feuilles au lieu de trois...
Il se dit que peut-être, en faisant quelque chose d'extraordinaire, il pourrait lui apporter, à son tour, un peu de bonheur ?
Mais combien de pétales fallait-il? Quatre ? Oui, mais il voulait faire encore mieux que le trèfle...
Alors il souffla, il s'enfla, il fit tant et si bien qu'au printemps, il put offrir à sa Dame non pas une, mais deux fleurs porte-bonheur : une à 4 sépales, comme les trèfles, et une à CINQ sépales, pour que son bonheur soit unique...

Et ils vécurent heureux jusqu'à la fin ...de ce printemps là...



Le Lapin Bleu

Il était une fois un petit lapin gris aux beaux yeux noirs...il était né avec le printemps, dans un terrier caché dans le bosquet d'un jardin....le jardin de la Bonne Fée Tchipette....
Oh, il n'était pas encore bien grand, juste un petit garnement de lapin qui n'arrivait même pas à redresser ses deux oreilles en même temps...
Tous les matins, au lever du soleil, à l'heure où la bonne fée venait saluer ses fleurs préférées, Jeannot Lapin sortait de son trou, caché dans l'herbe, et guettait son passage....
Son déjeuner préféré, c'étaient les jeunes pousses tendres de cette belle fleur bleue qui poussait, là, tout près de son terrier...et Petit Lapin aimait beaucoup, mais alors, beaucoup s'amuser !!!
Alors il guettait le passage de la fée...elle allait toujours saluer en premier sa belle fleur bleue, maugréant toute seule devant les dégâts faits par ces coquins d'escargots...Eh…elle ne savait pas la pauvre...
Hi,hi,hi, faisait Jeannot Lapin caché dans l'herbe...
La voilà passée....vite, vite, un petit coup de dents dans la belle touffe bleue...quel régal...et hop ! Ni vu ni connu, le voilà de nouveau tapi dans l'herbe...

Dame Tchipette, au retour de sa promenade, ne manquait jamais de repasser devant sa belle fleur bleue...et tous les matins, ô surprise, à son retour, une nouvelle pousse disparue…

Elle avait beau se pencher, fouiller les alentours, rouspéter de tout son coeur, ces diables d'escargots s'étaient volatilisés....
Jeannot Lapin se roulait de joie dans l'herbe, à la voir ainsi chercher des escargots en mouillant sa belle jupe de fée de toute la rosée de l'aube...
Et tous les matins, il recommençait son petit manège de coquin...

Seulement voilà...un jour, Dame Tchipette décida que ça suffisait...elle fit mine de passer, comme d'habitude, puis alla se cacher, munie de ses jumelles magiques, dans le petit abri de jardin, couvert de chèvrefeuille, où elle rangeait ses outils (eh oui, même une fée, ça range !!!!), pour surveiller les escargots et les prendre en flagrant délit...
Arriva ce qui devait arriver !

Elle surprit notre coquin, tout occupé à grignoter sa friandise..

OH, c’en était trop, son sang ne fit qu'un tour !

Aaah...le chenapan...il ne perdait rien pour attendre !

Elle saisit sa binette magique, et....

…mais au même instant, elle aperçut l'horrible sorcière Zéphirine, qui planait au dessus du jardin, toujours prête à mal faire...elle la vit se changer en un aigle immense, aux griffes acérées et brillantes comme des lames d'acier, et fondre sur le malheureux imprudent !!!!!
Alors, n'écoutant que son bon coeur, la bonne fée Tchipette leva sa binette magique....

JARDICADABRA !!!!

....et transforma notre Jeannot Lapin

                                                     ...en Delphinium

                                                                             ...un beau delphinium bleu,
 bleu comme la peur bleue qu'il avait eue, avec des yeux noirs pour qu'il continue à la voir passer, chaque matin....

Seulement, comme Jeannot Lapin ne savait pas bien tenir ses oreilles, le résultat ne fut pas tout à fait parfait...

Rôôôô…un delphinium bleu avec des oreilles pendantes? A-t-on jamais vu ça ?
Eh bien oui, au jardin de Dame Tchipette la bonne fée, il y a un delphinium bleu aux yeux noirs, dont les deux pointes ressemblent, si on les regarde bien, à des oreilles de jeune lapin !


Il parait même que quand le vent murmure, le matin, les oreilles de Jeannot Lapin frémissent quand la Dame passe dans le jardin...

Il paraît aussi que s'il est aussi bleu, c'est parce qu'il a toujours une de ces peurs...mais une de ces peurs....celle de voir venir, pour de vrai, les escargots mangeurs de delphiniums....

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Zephirine - dans anciennes pages
1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 19:28

 

 

galant10.jpg

Ah! qu'il était joli le petit perce-neige de mon jardin!

 

Qu'il était joli avec sa corolle d’un blanc doux, son col vert de sous-officier, sa tige longue  et luisante, sa capuche zébrée et ses larges feuilles qui lui faisaient une houppelande!

Et puis, docile, caressant, se laissant admirer sans bouger, sans cacher sa corolle sous une feuille.
Un amour de petit perce-neige!

Quand il arriva dans le jardin, ce fut un ravissement général. Jamais les vieux lauriers n'avaient rien vu d'aussi joli. On le reçut comme un grand roi.
Les charmes se baissaient jusqu'à terre pour le caresser du bout de leurs branches. Les schizostylis s'ouvraient sur son passage et fleurissaient tant qu'ils pouvaient. Tout le jardin lui fit fête.

 

Tout à coup, le vent fraîchit.
Le jardin devint violet; c'était le soir. En bas, le village disparaissait dans le brouillard, et de la maisonnette on ne voyait plus que le toit avec un peu de fumée.

Il tressaillit.

Puis ce fut un hurlement dans la montagne: «Hou! hou!»
Il se retourna, et sentit dans l'ombre deux piqûres courtes, toutes pointues, et  deux cailloux qui reluisaient.

C'était le gel.
Le monstre s'avança, et la petite fleur entra dans la danse.

Ah! le brave petit perce-neige! Plus de dix fois, il força le gel à reculer pour reprendre haleine.

Cela dura tout un long mois.

De temps en temps le petit perce-neige de mon jardin regardait les étoiles danser dans le ciel clair et il se disait:
«Oh! pourvu que je tienne jusqu'au printemps...»

 

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Zephirine - dans anciennes pages
1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 19:23

La véritable histoire de Zephirine


J'ai reçu une visite cette nuit..celle d'une dame qui a tenu à me raconter sa véritable histoire...voulez-vous que je vous la raconte?

 

L'histoire se passe en des temps reculés, un temps où chaque prétendant se devait de courtiser sa belle longuement...le temps de la carte du tendre et des explorations lointaines...

 

La Demoiselle Zéphirine naquit donc en ces temps anciens au sein d'une famille aisée, dans la petite ville de Saulieu, dans le val de Loire...

Quand elle eut atteint 18 printemps, sa famille l'envoya chez une sienne tante, drapière de son état, en la bonne ville de Dijon...où la tante s'empressa de s'instaurer gardienne de la vertu de sa nièce, la cloîtrant de son mieux pour préserver son honneur...

 

Par les chaudes soirées d'été, la belle esseulée sortait souvent rêver au clair de lune, sur le balcon de sa chambrette...C'est là qu'un jour Cupidon la surprit, sous les traits d'un jeune homme bien fait de sa personne, certes, mais désargenté,  qui revenait tout juste d'une expédition dans les mers lointaines...Le jeune homme prit ainsi l'habitude de venir chaque nuit converser avec sa belle...

En gage d'amour sincère, il lui offrit même un rosier qu'il avait ramené des îles...un beau rosier blanc, très parfumé, témoin de la pureté de ses intentions...

La demoiselle le planta juste sous son balcon...et pour encourager la cour ardente de son soupirant et sa patience...lui promit un baiser le jour où le rosier, avant lui, pénètrerait dans sa chambre...

 

Le jeune homme, vous pensez bien, ne se fit pas défaut de soigner de son mieux le rosier gage de telle promesse...et pour mieux tromper son attente, tout en racontant mille folies sous la lune, il prit l'habitude de détacher une à une chaque épine, sur chaque branche...gage de la douceur future du baiser si ardemment attendu....

 

On était patient, en ce temps là...Enfin, un beau jour de fin de printemps, une fine branche du rosier blanc entra dans la chambre de la belle, et y éclot une superbe fleur parfaite, d'un blanc éclatant...son parfum envahit la chambre...

 

Le galant trouva même moyen d'escalader le rosier et son support pour aller enfin chercher la récompense promise...la belle ne se fit point prier...Mais l'histoire aussi dit qu'ils n'en restèrent pas aux baisers après une si longue attente...et que la passion de leurs ébats fut telle que la rose qui y assistait en devint cramoisie....

 

L'histoire finit bien..le jeune Drouhin fut agréé...le rosier ne refit jamais d'épines et continua d'offrir avec constance à tous les amoureux des roses ses belles fleurs couleur de baiser rouge cerise, fidèles et constantes comme l'amour qui l'avait nourri...







Le General Schablikine


Comment? vous ne connaissez pas l'histoire du Général Shablikine?


Oh! C'est que vous ne faites pas partie du Bottin Mondain de la Côte, alors ! 

 
L'histoire se déroule à la belle époque...

Un fameux général prussien, bardé de décorations (et de Deutschmarks), décida un jour de prendre une retraite dorée sur la Riviera.

En chemin, il fit un certain nombre d'escales...oenologiques...tout le long du trajet, histoire de faire quelques provisions ...
Quand il arriva à Cannes, sur la Croisette, il fit connaissance avec toute la Gentry anglaise qui, comme chacun sait, peuple la Promenade du même nom...
Un beau soir de Juin, il les invita tous dans sa somptueuse villa art déco, sur la terrasse envahie du parfum des roses, qui surplombait la mer...
En l'honneur de ses invités, il fit, dit-on, remplir la piscine de vin de Chablis !! !
Et..ce qui devait arriver arriva !...

Au terme de la soirée, le généreux général, quelque peu imbibé d'autres breuvages...tomba dans sa propre piscine !

Il fallut rien moins qu'un filet à requins pour le sortir de là...

La très distinguée et très chic communauté very british en fit des gorges chaudes...vraiment, quel manque de "class" !

Indigne d'un Gentleman!

Shocking !
L'histoire fit hélas du malheureux général la risée de la Croisette...on en rit encore, parait-il, chez la Duchess of X...!!!

Et comme le général portait un nom absolument imprononçable, plein de "Von" et de ""Stein" et de "Trott" et de "Pfaff"...on l'affubla dès lors d'un sobriquet qui lui colla tellement à la peau, que le malheureux dut s'exiler à nouveau, et finit ses jours dit-on, ruiné, dans un château isolé, sur un pic en nid d'aigle, au fin fond de la Transsylvanie...

Quelques années plus tard, les émigrés russes, récemment débarqués à leur tour sur la Riviera, trouvèrent que ce général avait un petit quelque chose qui leur rappelait le bon vieux temps des grandioses festivités moscovites...
Un rosiériste local alors peu connu, mais très fort côté marketing, dédia une rose au fameux général ...et les anglais se l'arrachèrent pour mieux raconter, dans les soirées très chic du tout-Cannes, l'histoire du Général qui était tellement "Chablis-keen" (porté sur le chablis)!
Les russes ne furent pas en reste, mais avec une version adaptée... avec un général nommé "Shablikine", bien sûr, et de la vodka !
Voilà! Vous savez tout !
Je tiens l'histoire de la bouche même de la petite fille de la camériste de la duchesse Vera Lobanov, si, si !!!

Voyage à Lilliput

(Découverte des jardiniers amateurs de rocaille et de bulbes rares, le gentil peuple de la SAJA, Société des Amateurs de Jardins Alpins)

CHAPITRE 1


Où l’on voit une jardinière de l’Isère, à la suite d’une erreur de navigation sur le net, aborder aux rivages de l’île de Roc-Aïl.

Après avoir navigué trois ans, et espéré en vain que mon jardin s’en porterait mieux, j’acceptai un parti avantageux qui me fut proposé par un capitaine passionné, prête à tenter l’aventure et à explorer des rivages inconnus. J’embarquai donc à bord, le 13 de novembre de l'année 2007, et mon voyage fut dès l’abord très heureux.
Mais un jour que le vent de la curiosité était si fort, je fus directement poussée contre un écueil, et m’échouai dans un moment contre une rive abrupte, qui me sembla de prime abord fort inhospitalière. Beaucoup de rochers, une végétation rase, pas le moindre signe d’eau…
Dès lors, j’errai à l’aventure. Je laissai souvent tomber mes bras, toute désorientée que j’étais en ce décor, mais sans toucher le fond toutefois. Enfin, étant près de m’abandonner, je rencontrai un petit groupe d’indigènes fort aimables et diserts, qui, me prenant par la main, entreprirent de me familiariser avec ce lieu étrange.

 

CHAPITRE 2


Où l’on fait la connaissance des Sajistes, un gentil peuple d‘esclaves, asservi par le vrai peuple de l’île de Roc-Aïl, qui ne mesure pourtant, en moyenne, que 6 pouces de haut.

Ayant ainsi été secourue par les indigènes, je crus avoir rencontré le vrai peuple de Roc’Aïl.

Mais quelle ne fut pas ma stupeur, au bout de quelques moments, de constater qu’au moindre signe d’altération du ciel, que ce soit sécheresse, gel, pluie ou vent, les indigènes de l’île, dont les membres s’appellent entre eux les « Sajistes », abandonnent toute autre activité pour se prosterner, la face contre le sol, devant des sortes de demi-dieux végétaux, qu’ils vénèrent et entourent avec la dernière servilité.

Ces dieux miniatures, si tyranniques en vérité, ne mesurent pourtant que 3 à 6 pouces de haut, parfois un peu plus, mais guère.
Ils semblent rassemblés en tribus, plus ou moins importantes.

Parmi les plus puissantes, on me présenta ainsi, avec force démonstrations et prosternations, à la tribu des Saxifrages, puis à celle des Androsaces, objets apparemment d’une dévotion toute particulière de la part des indigènes de plus haut rang.

Certains d’ailleurs, parmi les plus savants du lieu, entreprirent de m’apprendre la langue de leurs dieux, ce qui me parut dès l’abord d’une difficulté insurmontable, tant par l’étendue du vocabulaire requis, que par la savante organisation, et la précision intransigeante de leur syntaxe.

J’eus beau essayer, pour leur complaire, d’en apprendre quelques rudiments, ils eurent tôt fait de constater que la complexité de leur idiome rendait mon apprentissage pour le moins laborieux, et que je ne serais jamais aussi à l’aise dans cette langue que le plus novice de leurs adeptes…

Je sentis dès lors que malgré leur bienveillance et leurs démonstrations d’amitié, je resterais désormais pour eux comme un de ces malheureux que les hasards de la naissance n’ont point doté d’une intelligence aussi vive que le commun. Sans que pour cela on les exclue de la communauté, le peuple des sajistes étant, par tradition, enclin à la mansuétude la plus grande envers les miséreux, et naturellement prompt à adopter les plus faibles et les plus ignorants.


 

 

CHAPITRE 3

Où l’on apprend qu’une grande fête est donnée en l’honneur des dieux de l’île…


J’appris aussi que vers le milieu du printemps, chaque année, se tenait dans un lieu mystérieux appelé Laplantul', la grande fête de leurs dieux.

Quand le temps fut venu, une fièvre intense se saisit tout d’abord du gentil peuple de Roc’Aïl. Ils avaient soigné depuis des mois, en grand secret, les plus jeunes et les plus minuscules de leurs dieux, pratiquant force rituels de libations et d’ornement.

Quelques heures avant le début des réjouissances, ils les installèrent en grande cérémonie sur des sortes de piédestals recouverts de diverses étoffes. Il me sembla même que l’étiquette, à la cour de ces enfants-dieux, était pour l’occasion, encore plus stricte qu’à l’ordinaire.

Puis, dès lors que le signal de la fête eut été donné, les initiés se rassemblèrent avec un bel ensemble en larges bandes, pour se livrer à une danse frénétique autour de leurs idoles. Cela ne fut pas sans me rappeler ce que j’avais lu dans un vieux grimoire, relatant les rituels sacrés de peuplades anciennes mimant quelque expédition de chasse aux grands fauves.

Certains, par petits groupes, semblèrent se lancer des sortes de défis dans leur langue, afin d’établir, me sembla-t-il, une hiérarchie parmi les nouveaux dieux. D’autres se mirent à rédiger, sur des sortes de parchemins, de savantes litanies, sortes de panégyriques à la gloire de ces divinités larvaires, pensai-je, divinités qui paraissaient pourtant de piètres avortons aux yeux d’une profane telle que moi, tant j’avais grand peine à distinguer en eux quelque attrait particulier.

Plus loin, un petit nombre d‘indigènes de haut rang, reconnaissables à leur insigne, entourés de toutes parts par des adeptes en transe, tentaient tant bien que mal de calmer la ferveur de la foule.

Cette danse sacrée dura la journée entière. Quand le soleil fut enfin couché, je vis repartir nombre de mes nouveaux amis, les meilleurs chasseurs sans doute, exténués, mais portant avec une grande fierté le symbole de leurs mérites : la garde exclusive de quelques enfants-dieux ! C’était miracle de les voir chérir et caresser leurs minuscules trophées !

Comme je les félicitais de leurs succès, et les questionnais sur le spectacle inouï qu’il m’avait été donné de suivre, ils m’indiquèrent que plus ces enfants-dieux étaient malcommodes et prompts au mécontentement, plus grand était l’honneur pour eux-mêmes et leur famille, d’en être ainsi les esclaves attitrés. Ils semblaient accepter cette charge insigne avec un enthousiasme qui, par devers moi, me parut de la dernière naïveté, compte tenu des difficultés de la tâche à venir…

Je me félicitai surtout, en mon for intérieur, de ne pas m’être laissée entraîner à cette sorte d’orgie collective, craignant que ma raison n’en eût pu être durablement affectée!


 

 

CHAPITRE 4
Où l’on m’invite à participer à une expédition sur une île voisine…

 

 

Les indigènes me proposèrent un jour de m’emmener lors d’une expédition qu’ils projetaient pour se rendre sur une île voisine, distante de quelques encablures : j’appris ainsi que je n’avais pas encore fait la connaissance de l’une de leurs tribus de dieux sacrés les plus chères et les plus vénérées : la tribu des Bulbrar’.
J’acceptai avec empressement, et les suivis à bord d’une chaloupe, avec force démonstrations de reconnaissance.

Après une traversée qui me parut fort courte, nous accostâmes bientôt sur des rives non moins arides que celles de Roc’Ail, bien que le sol en fut plutôt sableux.
Là se dressait une sorte de temple, qui, de loin, ne fut pas sans me rappeler nos églises les plus primitives, mais mon étonnement fut à son comble quand je m’aperçus que les murs, tout comme le toit, étaient faits du verre le plus épais !
Je crus tout d’abord que c’était pour offrir à leurs dieux une lumière céleste, la journée étant particulièrement radieuse, quand je découvris que les indigènes du lieu s’affairaient à installer forces étoffes sur le toit de l’édifice, tandis que d’autres commençaient à peindre d’un blanc laiteux les parois les plus exposées. Je n’étais pas au bout de m’extasier de la complexité des rites de ce peuple étonnant.

Nous entrâmes bientôt par une porte latérale, que mon guide s’empressa de refermer avec soin. A l’intérieur, toute la place disponible était tapissée de sortes de rayonnages, où des dieux, fort différents de ce que j’avais pu voir jusque là, étaient exposés en rangs serrés. Il régnait en ce lieu une chaleur moite et étouffante.
A ma grande surprise, certains des dieux de cette tribu étaient nettement plus grands que ceux que j’avais pu, jusqu’ici, découvrir à Roc’Ail. Certains même dépassaient deux pieds de haut !
Mais là encore, force me fut de constater que les dieux de petite taille étaient l’objet de la plus grande ferveur.

Pour la plupart, ces dieux étranges se présentaient sous l’aspect d’une gerbe verte, composée de feuilles très étroites et très longues, dressées vers le ciel. De prime abord, il semblait même impensable qu’on pût les différencier entre eux.
Je m’étonnai tout haut du nombre incroyable de dieux réunis en ce lieu. Les indigènes m’en donnèrent alors une explication qui ne laissa pas de me surprendre : chacun de ces dieux n’était en fait vénéré, chacun son tour, que quelques jours par an !
Je ne réussis pas à comprendre si leur besoin de dévotions continuelles était la cause réelle de cette surpopulation divine, ou si par l’excès même du nombre de ces dieux, ils en étaient réduits à établir un tour de rôle dans l’olympe !

Un groupe aux feuilles les plus larges, avait été installé le long de la paroi la plus lumineuse. Certains semblaient s’appuyer sur le sol de leur piédestal, tapissé de petites pierres de couleur brune ou grise, très fines, par une sorte de pied charnu, ridé, de couleur crayeuse. Là encore, j’étais émerveillée par la diversité des objets de leurs dévotions.

Les indigènes m’indiquèrent que ces dieux unipodes étaient en fait des cousins d’une secte particulière de la tribu des Bulbrar’ (les Bulbiris), et qu’on avait pensé les réunir pour ne pas froisser leurs complexes liens de famille. La généalogie de ces dieux empattés, qu’ils tentèrent de m’expliquer, me sembla en effet particulièrement embrouillée, et leurs patronymes, des plus imprononçables de surcroit !

La cérémonie des libations semblait en ce lieu tout aussi importante qu'à Roc'Ail : le prêtre officiant, muni d'une fiole emplie d'un liquide transparent et d'une sorte de pipette, se prosternant, oignait tour à tour le pied de chaque dieu en honneur ce jour là, avec moult précautions, de quelques gouttes du précieux liquide sacré, en marmonnant quelque prière étrange.

Je sentis qu’il y avait depuis longtemps des liens étroits entre les indigènes des deux îles. Ils semblaient se comprendre à demi-mot, partageaient les mêmes rites de prosternation, prenaient de même manière chaque dieu dans leur mains jointes pour le hisser vers le ciel à grand renfort de litanies extasiées.

 

CHAPITRE 5
Où l’on découvre l’existence d’un trésor enfoui…



L’un des indigènes de Bulbrar’, tout à coup, se saisit d’un dieu qui semblait mal en point, son feuillage jauni et racorni faisant peine à voir.
Je pensai qu’il allait urgemment soigner ce malheureux, et m’attendais pour le moins à de sévères remontrances des prêtres: la négligence du gardien qui avait eu la charge de ce pauvre dieu me semblait en effet fort coupable, et qu’on allait sans plus tarder l’en démettre, mais rien ne sembla plus éloigné des pensées de mes compagnons.

Le malade fut amené sur une sorte de plateau, et l’ayant renversé sens dessus dessous, celui que je pris à ce moment pour le médecin des dieux fit tomber doucement toute la substance qui l’entourait : je crus voir quelque archéologue cherchant de son pinceau, avec d’infinies précautions, quelque trésor enfoui sous les sables d’Egypte.

Et de fait, une chose merveilleuse se produisit: apparurent bientôt des sortes de grosses perles laiteuses, de taille variable, qui semblaient avoir séjourné juste sous les pieds du dieu agonisant !
Cette apparition déclencha aussitôt une nouvelle transe extatique chez les indigènes. Les perles furent soigneusement nettoyées, comptées, admirées.

Quelques unes (parmi les plus petites!) furent remises en grande cérémonie à quelques indigènes, que je supposai particulièrement méritants pour qu’on leur fît ainsi cadeau de tels joyaux !
Je notai à mon grand amusement que ce cérémonial dans leur langue se nommait « Bébé », sans pouvoir déterminer s’il était employé pour « perle » ou « trésor », aussi bien que nous le ferions pour notre descendance !

Puis chacune des perles restantes fut illico enfouie dans un nouveau contenant, et religieusement déposée sur une planche isolée. Sans doute en prévision de l’installation de nouveaux dieux chargés de veiller sur elles.

Je n’étais pas sans me poser quelques questions embarrassantes, que je n’osais formuler auprès des indigènes…
Etait-il possible que chacun de ces dieux recelât en sa base un trésor caché ?
Etait-ce donc là le secret de la vénération du peuple de Bulbrar’ ?
Leurs dieux ne seraient-ils, en fait, que les gardiens des richesses de l’île ?
Cela pouvait, certes, expliquer les mille précautions dont ils faisaient montre lors de leurs dévotions.
Quant aux dieux de l’île de Roc’Aïl, étaient ils mêmement pourvus?

A moins, et cela me parut plus extravagant encore, que ces dieux, que je méprisais quelque peu jusqu’ici (ce dont je me sentais un peu coupable par devers mes nouveaux amis), n’aient en fait le pouvoir inouï de multiplier le trésor qu’on leur confiait ainsi, à la façon des huitres dont les insulaires se servent en des pays lointains pour produire ces perles nacrées qui ornent le cou des princesses locales ?

Cela demandait réflexion…
Je me promis ainsi, une fois de retour, et si d’aventure je pouvais ramener l’un de ces dieux perliers, d’enfouir quelque bijou emprunté à madame ma belle-mère Félicie, qui prise si fort les perles, pour voir ce qu’il en pourrait advenir…

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Zephirine - dans anciennes pages
1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 19:22

Ou "Petite Métaphore Triste de Jardin"…

en 10 ans

02 11 08 02Il était une fois, dans le grand jardin virtuel de la fin du siècle dernier, un petit coin de terre. Oh, juste un modeste petit bout de plate-bande, soigneusement préparé, tout bêché, tout neuf.

Rien qu’à le voir, on se disait : Attention ! Ne marchez pas dessus ! (ma plate-bande)

Par un beau jour de printemps s’y installèrent, un peu au hasard, quelques plantounes de bonne volonté.

01-04-07-014.jpgEffectivement au début, tout alla bien. Les  plus vaillantes s’installèrent, tout heureuses de ce nouvel espace qu’on leur offrait à plaisir !

La petite Plate-Bande s’animait, se gonflait de longues feuilles bien pleines et de fleurs lancées à profusion. Le terrain étant riche, frais mais bien drainé, tout y respirait la fécondité, la belle humeur, la liberté et la joie de vivre…

De petits papillons butinaient, d’industrieuses abeilles venaient parfois y vrombir de plaisir en voletant d’une fleur à l’autre. Chaque saison voyait naître de nouvelles couleurs éclatantes, inattendues, attendrissantes parfois. La bonne entente régnait parmi les résidents du petit éden virtuel, dans un sympathique fouillis plein de couleurs.

2001Et puis au fil du temps, arrivèrent quelques visiteurs.

Portées par le vent, quelques graines, bonnes ou mauvaises, commencèrent à germer ça et là entre les touffes déjà bien implantées.  Oh certes, la plate-bande s’animait encore plus, du coup ! Plus question de voir la terre nue, chaque jour apportait son lot de petites nouvelles, une fleurette par ci, une tige par là…Et la plate-bande foisonnait, foisonnait…

018Las, las, parmi les nouveaux arrivants, tout n’était pas que sucre ou miel…

Une ronce bien puissante, qu’on prit d’abord pour une rose, profita un jour de l’aubaine pour lancer sa longue racine si loin, si loin à l’intérieur de la terre que bien malin qui aurait pu en venir à bout ! Puis elle entreprit de pousser l’un après l’autre ceux de ses pauvres voisins qui avaient le malheur de se trouver sur son passage ou risquaient de lui faire de l’ombre. Beaucoup ne purent résister à ses piques empoisonnées.

013Un liseron insidieux, arrivé en sous-marin sans se faire repérer, entreprit d’étouffer dans ses serres tortueuses la moindre branche ou tige à sa portée, émaillant son entreprise d’étranglement de quelques jolies corolles mielleuses. Voulait-il se faire passer pour une capucine, par hasard? Ce n’était que pour mieux  camoufler ses velléités de conquête…Etranglées, d’autres encore disparurent à leur tour.

A son tour, une petite pousse de lierre terrestre (ou était-ce une « hortie » ?), chassée je crois d’une plate-bande voisine, y trouva refuge à son tour, s’enracinant à tour de vrille dans le moindre espace laissé libre, grimpant dans la moindre touffe pour lui cacher la lumière, l’empêchant de s’exprimer librement.

Mais que faisait le jardinier, cet insouciant ?

Oh, il était bien loin, le jardinier...d’abord, pour lui, ce n’était qu’un jardin de loisirs, ce petit  coin de terre…il n’avait guère le temps de s’en occuper ! Et puis, dans la mesure où tout poussait tout seul, qu’aurait-il été y mettre son nez?

Il eut bien tort, le jardinier lointain…A force de piques, de coups tordus, de crêpage de tiges, les trois mauvais compères finirent par gagner leur pari…bientôt ne resta plus qu’eux, dans la plate-bande dévastée.
2005Le jardinier, enfin averti, eut beau sévir, les chasser en un éclair, ce fut peine perdue…aucune des pionnières, malgré quelques tentatives, ne réussit jamais plus se sentir à l’aise dans la pauvre Plate-Bande délaissée,  éteinte, sa terre et sa source de vie épuisées par les luttes qui s’y étaient déroulées…

015.jpgBientôt n’y subsistèrent, en guise de décor, que quelques touffes de vieilles herbes folles parsemées de potentille rampante, pâle reflet de la splendeur passée. De temps à autres, solitaire, une rescapée naïve, venue voir si des fois la terre était redevenue propice, lançait une fleur unique…mais les abeilles fécondes avaient déserté la friche en deuil, plus le moindre pollen à se mettre sur l’étamine….et l’imprudente ne tardait pas à disparaître à son tour dans un silence consterné…

Lassé, le jardinier lointain abandonna le jardin à sa sauvagerie….

Ô miracle, un jardinier du petit-pays-d’à-côté, plus attentif, et même sûr de savoir mieux s’y prendre, amoureux de l’ordre et des plantes de bonne conduite, décida de prendre les choses en mains et d’y créer, cette fois, une Plate-Bande idéale, où règnerait la Beauté, l’Ordre et l’Harmonie. Ah mais.

23-04-08-073-copie-1.jpgPlus question de laisser-aller, cette fois, il sévirait si nécessaire.

Il invita d’abord les classiques, déjà bien connues du reste du jardin. Vous savez ? De cette vieille garde dont on se dit : « ce sont des solides, celles-là », « elles feront la structure »… « au moins avec elles, la plate-bande sera vivante tout au long de l’année »… Oh oui, le jardinier fut sévère ! Pas question de laisser pousser une feuille de travers !

Et de traquer la moindre adventice : celle jugée trop rustique, lançant ses graines comme autant de fautes d’orthographes à chaque passage, celle jugée trop piquante, ou trop bavarde-du-pollen, fut éliminée sans pitié,  pas question de laisser proliférer rien qui put ternir l’image bien proprette du petit coin de jardin.
Rassurées, quelques plantounes, bien qu’un peu échaudées par leur précédente mésaventure, se décidèrent à refaire un essai….De nouveau, au début, tout sembla bien parti….un petit coup de compost superficiel leur fit même croire que tout pouvait recommencer, dans un vrai petit paradis bien protégé et bien surveillé.

Et de recommencer à pousser…

2007Ah ouiche…mais…attention ! C’était trop beau…

Fut-ce par réaction ? Là, plus question de liberté.Du tout.Fini.

Et même, le Jardinier-en-chef s’adjoignit une Aide pleine de bonne volonté, décidée coûte que coûte à garder tout son petit monde à l’œil. Désherbage à gogo.

20-04-09-020.jpgAlignement par hauteur et par catégorie (et pas question de pousser ailleurs que dans celle prévue, hein !) et maîtrise de l’espace alloué à chacun.

Ce furent d’abord les « grandes » qui en firent les frais.

Quoi ? Oser pousser sa tête 10 cm plus haut que les autres ? Ah que nenni ! Couic ! Un petit coup de canif virtuel bien tranchant et bien placé, et hop ! Le tour est joué ! Tout le monde en rang, comme à la parade.

Une fleur de couleur un peu plus vive que les autres ? Rien à faire ! Pas question de contraste ! Pensez bien ! De la contradiction ? Insupportable ! Et re-couic !

021Juste une belle plate-bande uniforme, bien pensée et bien pensante, rien qui ne soit pas conforme aux attentes du Jardinier ou de son Aide, des couleurs bien propres et dans la ligne du parti-pris s’il vous plait !

Tout le monde au pli! Sinon, gare au coup de binette, à l’empêchement de pousser, voire à l’exclusion pure et simple.

Seulement…ils avaient oublié certains détails, le Jardinier et sa Bonne Aideuse…d’abord, les grandes plantes, à quelques exceptions près, elles ne supportent pas très bien qu’on leur ratiboise la tête régulièrement…
Du coup, elles furent les premières à déserter la Nouvelle Plate-Bande, pour s’en aller rejoindre, là,-haut, quelque part, un monde meilleur…ou supposé tel ! Pas besoin de les exclure ou de les empêcher de pousser, elles s’en sont allées toutes seules, sans faire de bruit…chacune son tour…

023Et puis,  la terre…il faut la nourrir, la terre, faute de quoi, finie l’opulence, adieu les belles touffes bien larges et les moissons de fleurs légères, le clin d’œil du soleil sur l’association inattendue qui vous fait pousser un « Ohhhh » de ravissement ….

La diversité, il n’y a que ça de vrai ! Sans elle qui, l’hiver, ramène à la terre ce qu’elle lui a emprunté, sans elle, les réserves s’épuisent, même si ça ne se voit pas au premier regard…

Petit à petit, ce fut à nouveau le déclin…les plantes restantes se rabougrirent, se flétrirent…bientôt ne restèrent que deux ou trois variétés, toutes les mêmes, pas une plus haute que l’autre…des bénies-oui-oui bien sages, certes, mais quel ennui ! Ce n’est plus une plate-bande, juste un petit coin de terre avec un ou deux couvre-sols peu appétissants...

Comment voulez-vous que ça intéresse une abeille, un vieux tapis mité, au ras des pâquerettes  et tout uni ?

Alors pour la deuxième fois, bien que pour des raisons complètement opposées, la Plate-Bande du jardin Virtuel reprit sa descente aux enfers…

2010

Elle est bien triste, mon histoire….mais il reste peut-être un espoir…

10-10-10-02.jpgJ’ai entendu dire que là-haut, dans le ciel virtuel au dessus du jardin, existait une constellation pleine de promesses…une nébuleuse lointaine où se seraient réfugiées, l’une après l’autre, quelques-unes des belles plantounes du jardin d’antan, lassées de cette terre, où, soit on vous laisse tout sternbergia-lutea-29-09-08.jpgpartir à vau-l’eau, soit  on vous en-régimente tout ce qui pousse, sans laisser la moindre chance à la liberté de pousser (de penser ?)….Ca, on ne les y reprendra plus…

Là haut, au moins, chacune y pousse à sa guise, en toute liberté, sans sécateur, sans mauvais larrons phagocyteurs, et sans gêner personne….

Au fait, vous ai-je dit comment s’appelait la fameuse Plate-Bande? Elle porte un drôle de nom, genre : « Jus-de-Canne-à-Sucre-Frelaté » !  :o)

Quant à la nébuleuse pleine de promesses, elle n’est ni dans notre atmo-sphère, ni dans la strato-sphère…elle est encore plus loin …un  autre monde, une autre sphère….mais apparemment, vous en avez déjà trouvé le chemin, puisque vous êtes là !  Espérons qu'elle les tiendra, elle, ses promesses, et longtemps... ;o)

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